Département de la Seine-Saint-Denis | La Culture et l'Art au Collège

Edition | Année parcours : 2017

Informations sur le parcours à la date du : 23/11/2017

Du sépia au pixel : Portraits de ma ville

Coordonnées du collège
  • Collège affecté : Collège Anatole France
  • Ville : LES PAVILLONS-SOUS-BOIS
  • Classe : 4ème 
Coordonnées de la structure
  • Nom de la structure : Belladone
Coordonnées de la personne ressource
  • Identité : Madame Elise Picon

1. Articulation avec un processus de création :

Le parcours a un lien avec la création / le projet scientifique en cours ou à venir

Projets artistiques/scientifiques en cours ou à venir de l'artiste ou du scientifique menant le parcours
  • Je suis née en 1977 en Iran et je vis depuis 15 ans à Paris. Après avoir fait l’école des Beaux Arts de Téhéran et suivi une formation d’art dramatique au Théâtre de la Ville de Téhéran, j’ai intégré l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris dans l’atelier de Christian Boltanski. Aujourd’hui, je suis réalisatrice et artiste plasticienne, et collabore avec des artistes de différents médias, dans le cadre de performances et d’expositions, tout en réalisant des films. J’ai commencé à animer des ateliers d’art plastique à l’âge de 18 ans avec des enfants de classes élémentaires et des étudiants qui préparaient le concours de l’école d’art de Téhéran. En 2008, j’ai réalisé un atelier cinéma au Mexique avec des étudiants pendant deux semaines et en 2010-2011 j’ai été invitée en résidence à deux reprises au Cap Nord par la compagnie We insist. Nous avons réalisé là-bas des workshops sonores, des vidéos et des performances avec un public composé d’étudiants, d’amateurs et aussi de réfugiés. En France, depuis 2013, j’ai créé plusieurs ateliers cinéma ainsi que plusieurs parcours CAC, détaillés par la suite.
Articulation du parcours avec ces projets
  • Nous réaliserons des ateliers sur le thème de portraits des lieux de la commune ; ces ateliers permettront aux élèves vivant dans des zones pavillonaires de donner une image des espaces urbains qu’ils habitent, traversent, parcourent ou au contraire, méconnaissent car n’appartenant pas à leurs parcours quotidiens. De plus, depuis quelques années, la ville de Pavillons-sous-Bois est en pleine mutation : la partie nord de la commune fait l’objet d’un plan de réaménagement majeur : aménagement des berges du canal de l’Ourcq et construction de nombreux bâtiments d’habitation, de commerces… La ville se réinvente avec l’espoir d’une amélioration de la qualité de vie des habitants puisque le projet de rénovation doit mieux prendre en compte leurs besoins et leurs attentes en matière d’urbanisme et de transport, de logement, de culture et de loisirs. L’atelier offrira ainsi aux élèves du collège Anatole France un formidable moyen de penser la ville en train de changer mais aussi de se penser et se voir eux-mêmes en train de changer. L’atelier que je propose s’inscrira ainsi dans un travail de mémoire, de renaissance et débouchera sur des films courts. Je constituerai donc 3 groupes de 8 personnes qui seront partie prenante du processus de conception et de réalisation des films. A partir de cette proposition, ils seront invités à réaliser à travers ses habitants le portrait de trois lieux dans la ville. Nous proposerons : - une rue au nom énigmatique comme l’Allée du Trésor Perdu - un lieu en friche proche du canal de l’Ourcq et du collège : la Colonie - les deux pavillons de garde restaurés qui donnent le nom à la ville Pour aborder l’histoire de chaque lieu, nous donnerons aux participants une image tirée du passé (photographies anciennes comme des cartes postales que pourraient nous fournir les Archives municipales ou départementales avec lesquelles j’ai souvent travaillé) ou bien une image en mouvement pour bâtir un récit d’aujourd’hui et s’interroger sur l’avenir de ces lieux. L’atelier apportera à chaque groupe les outils nécessaires pour la fabrication des courts métrages. Ainsi, cela nous ouvrira une nouvelle voie pour modifier notre vision, qui est celle propre à un milieu d’artistes et d’intellectuels, en espérant développer un nouveau regard sur des défis de société que la France doit relever.

2. Construction du parcours (pendant le temps scolaire et avec une classe donnée)

L'artiste, le scientifique a t'il déjà mené un parcours CAC lors des éditions précédentes ? Si oui, précisez dans quel collège, la ville et ce qui motive le renouvellement de sa candidature.
  • Comme écrit précédemment, j'ai déjà mis en place plusieurs ateliers CAC. En 2014-2015 et en 2015-2016, j’ai travaillé avec le collège Edouard Herriot de Livry-Gargan sous l’égide du Musée du Jeu de Paume, de Cinémas 93 et de Belladone. Lors de ma formation initiale, j’ai appris à faire des films avec un exercice très simple d’autoportrait « tourné-monté », ensuite j’ai développé mon portrait et mon rapport avec la ville. Aujourd’hui, je réalise un portrait de l’artiste Jérôme Bel avec la collaboration d’Aldo Lee. Jérôme Bel est provocateur et atypique, artiste à l’ego très affirmé, il est un personnage incontournable de la scène contemporaine. Mon expérience des ateliers m’a montré qu’on apprend autant que l'on transmet lorsqu'on enseigne.

L'atelier construit et encadré par l'artiste / le scientifique se déroule sur une durée d'environ 20 heures

Atelier (environ 20h)
  • La séance 1 (2h) : Présentation de l’intervenant et des partenaires (Dominique Dumas et Jean-René Audry du Photo Club Pavillonnais), du sujet et du projet à la classe + rencontre thématique introductive : « Images et représentation : Des images fixes aux images en mouvement », à partir d’images projetées. La séance 2 (2h) : sera consacrée à la mise en ordre de nos documents et choix des groupes. Voir quelques films documentaires et fictions sur le portrait de la ville, faire la critique d’image et montrer quelques documents d’art contemporain sur le portrait et la ville. La séance 3 (2h) : Réalisation d’un ciné tract avec l’ensemble des participants. La séance 4 (4h) : Sortie aux Archives municipales ou départementales. La séance 5 (2h) : Ecriture des projets de portrait de lieux avec les 3 groupes en fonction des lieux choisis. La séance 6 (4h) : Initiation à la prise de vue et aux techniques d’enregistrement sonore. La séance 7 (3h) : Sortie cinéma. La séance 8 (4h) :Tournage consacré à l'enregistrement des sons. La séance 9 (4h) : Tournage sur le terrain dans la ville. La séance 10 (4h) : Selon les groupes : visionnage - derushage - montage. La séance 11 (4h) : Sortie au Musée du Jeu de Paume. La séance 12 (2h) : Finalisation des montages et débriefings final avec les élèves.

Les sorties développent et mettent en perspective l'univers artistique / culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique

Sorties (environ 10 heures) développent et mettent en perspective l'univers artistique, culturel de l'artiste / du scientifique et sa pratique
  • Trois sorties accompagneront le processus du projet. Nous commencerons avec les archives départementales à Bobigny ou municipales à Pavillons-sous-Bois. Ensuite, nous réfléchirons autour du documentaire et du lien avec le portrait de la ville au cinéma l’Espace des arts. Enfin, nous questionnerons plus précisément la photographie contemporaine en choisissant une exposition photo et vidéos au Jeu de Paume.

L'analyse critique permet d'expliciter la démarche de l'artiste / du scientifique et le sens du projet

Les temps de réflexion permettent d’expliciter la démarche de l’artiste/du scientifique et le sens du projet auprès de la classe. Ils ont obligatoirement lieu en présence des élèves et deux heures minimum doivent y être spécifiquement dédiées.
  • Le parcours que je propose au collège Anatole France des Pavillons-sous-Bois nous amènera à créer des temps de pensée et de création avec les élèves pour leur donner une ouverture sur un monde culturel qui ne fait pas partie de leur vie quotidienne. Ainsi, je voudrais fabriquer avec leur histoire interrogeant la question de la mémoire collective. Je voudrais partager avec la classe mes recherches autour du portrait et de l’espace urbain, voir comment ils peuvent devenir source de création et l’objet d’un film. De la même manière que lorsque j’interviens sur les villes, je crée un regard. Nous verrons quels gestes ou protocoles nous pourrons mettre en place pour créer le récit et le film. Les groupes apprendront à filmer les lieux en se les appropriant, ce qui pour nous est une expérience enrichissante pour mieux comprendre comment des amateurs mettent en œuvre une démarche audiovisuelle. L'artiste co-construit le parcours avec l'équipe enseignante. Chaque enseignant préparera et approfondira certaines thématiques du projet. Par exemple, le récit en français, l'image d'archive en histoire. Le projet permettra de travailler en interdisciplinarité. Le projet doit s'infiltrer au sein du programme et des matières pour gagner en densité. Les élèves doivent avoir le temps de murir les pistes entre chaque séance. L'artiste assure la continuité, la cohérence artistique du projet et l'enseignant assure sa compréhension et les ponts avec les différentes matières. La structure Belladone intervient au début du projet et sera en relation avec l'artiste tout au long du projet, ainsi que l'équipe enseignante pour l'accompagner et l'aider techniquement.

La restitution, temps de cloture du projet

Le temps de clôture offre une visibilité du chemin parcouru aux pairs, à la communauté éducative et au-delà et adopte une forme originale qui ne cherche pas uniquement la présentation d'une oeuvre réalisée par les élèves.
  • Nous organiserons une projection au sein du collège ainsi qu’à l’Espace des Arts de Pavillons-sous-Bois. Les élèves présenteront leurs réalisations au public et réaliseront une plaquette explicative. Une version sous-titrée en espagnol sera réalisée pour diffuser le travail des élèves auprès de leurs correspondants dominicains. Ce travail de restitution et de présentation de leur film sera l'occasion pour les élèves de favoriser l'estime qu'ils ont d'eux-mêmes. Le présenter et avoir des retours positifs leur permettra de prendre confiance en eux et de créer une forte cohésion au sein du groupe.

3. Co-construction du parcours

Liens avec les différentes entrées du projet d'établissement et notamment de son volet culturel.
Les axes du projet d’établissement auxquels il est fait référence sont explicités et le parcours a pour ambition de s'ouvrir à l'ensemble de l'établissement (rencontres avec d'autres classes, chantiers d'étape ...).
  • Le Collège Anatole France accueille des élèves domiciliés aux Pavillons-sous-Bois, à Livry-Gargan et à Bondy. Une part croissante des élèves (environ 50%) est issue de catégories socio-professionnelles défavorisées. Ces élèves ne bénéficient pas, dans leurs familles, de conditions propices à la réussite scolaire et à l'ouverture culturelle. Néanmoins, les élèves sont généralement enthousiastes pour participer aux projets mis en place dans l'établissement (échanges linguistiques avec un établissement dominicain, projets culturels in-situ, artistes en résidence, collège au cinéma, parcours Osez l'Ourcq, association et classes sportives, atelier théâtre, chorale...). Le projet d’établissement s’appuie sur le projet académique et notamment sur les trois premiers axes qui visent à accroître la performance des établissements de l’académie, à faire vivre les valeurs de la République, à développer une large collaboration éducative… Notre proposition s’inscrit dans le volet culturel du projet d’établissement mais elle permet aussi de mener, dans le cadre de l’apprentissage de la citoyenneté une réflexion plus générale autour des questions de mutation dans le temps, de la mémoire des lieux et de l’éducation au regard des lieux qui nous entourent. Notre projet vise à : - créer une meilleure cohésion de la classe impliquée. - impliquer le maximum d'élèves (ULIS et UPE2A compris). - rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages. - développer leur autonomie grâce au travail par projet et par groupe. - développer l'ouverture d'esprit et le vivre ensemble. - favoriser une plus grande estime de soi et une plus grande ambition.
Liens avec les enseignements et notamment celui de l’histoire des arts. Les objectifs sont explicités par discipline et en lien avec le socle commun de compétences et de connaissances
  • Ce questionnement autour de la mutation et de la mémoire des lieux pourra naturellement être accompagné par les enseignants d’histoire géographie et d’EMC, de lettres, d’espagnol et le professeur documentaliste. En effet, en histoire géographie, le programme de 4ème s’intéresse aux espaces et paysages de l’urbanisation. A partir de vieilles cartes postales et de cartes anciennes et actuelles, les élèves feront une description des lieux et des transformations des Pavillons-sous-Bois. En français, les élèves aborderont la relation entre image et texte. Les supports anciens seront utilisés comme déclencheurs d’écriture à travers des pratiques d’ateliers qui seront le prolongement du travail mené par l’artiste. En espagnol, les élèves français partageront les différentes étapes du projet « Du Sépia au pixel : portraits de ma ville » avec leurs correspondants dominicains par internet. Tout le travail préparatoire permettra aux élèves de mieux appréhender leur propre environnement pour être en mesure de le partager avec leurs correspondants lors de leur visite aux Pavillons-sous-Bois. De même, lors de leur séjour en République Dominicaine, les élèves français pourront réinvestir les connaissances acquises lors des différents ateliers dans la création de leurs carnets de voyage qui seront autant de témoignages individuels et collectifs. Le professeur documentaliste sera partie prenante du projet et apportera un soutien méthodologique et numérique aux élèves dans leurs recherches documentaires.

Application MICACO | Date : 23/11/2017